Biographie :
Jean-Baptiste Willermoz est né le 10 juillet 1730 à Lyon (Rhône). Aîné de 13 enfants, il vit principalement à Lyon. Il est notamment, le frère de Pierre-Jacques Willermoz, médecin et chimiste.
Grand bourgeois, fabricant d’étoffes et négociant de pièces de soie et d’argent il a longtemps demeuré : rue des Quatre-Chapeaux à Lyon. Mystique, passionné d’ésotérisme et des mystères secrets de l’initiation, il est administrateur bénévole d’hôpitaux et d’œuvres de bienfaisance auxquels il consacrait une bonne part de son temps et de ses revenus. De mœurs irréprochable, il est dépeint par ses amis comme un cœur excellent, charitable, sans ostentation et « serviable jusqu’à la bourse ». Il joue un rôle important dans la Franc-maçonnerie Française et Allemande, voire européenne de son temps.
Il est initié à l’âge de 20 ans (1750) et devint Vénérable de sa Loge 2 ans plus tard (nom de loge inconnu). Quelques années plus tard, il fonde la Loge « La parfaite amitié » par patente du 23 novembre 1756 ; cette Loge fût rattachée au « Comité des Maitres parisiens ».
Il participe ensuite à la fondation de « La Grande Loge des Maitres Réguliers de Lyon » (1760 – 61), à l’instar de celle de Paris, dont il sera Grand Maitre en 1761 – 1762 – 1763 avant d’en être le Grade des Sceaux et l’archiviste.
Cette Grande Loge pratique les sept degrés de l’époque (Apprenti, Compagnon, Maitre, Maitre-Parfait, Maitre-élu, Maitre-écossais et Chevalier d’Orient) et y ajoute un huitième dénommé « Grand Maître Écossais, Chevalier de l’Épée et de Rose-Croix ».
Willermoz fonde dans ce cadre, en 1763, en compagnie de son frère Pierre-Jacques un atelier nommé « Souverain Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir Rose-Croix » qui s’intéresse à la recherche alchimique.
Il poursuit, à Lyon, une œuvre considérable de documentation sur tous les grades maçonniques en vue de leurs synthèses en un système harmonieux et ordonné. Il déclare, en 1761, pratiquer 25 grades dont celui de Chevalier de l’Aigle, du Pélican, de Saint-André ou Maçon d’Hérédon, c’est-à-dire Rose-Croix.
Il semble que c’est Meunier de Precourt de Metz, Maçon éminent, qui découvre le grade de Rose-Croix qui se pratique depuis déjà quelques temps en Allemagne. Une fois averti des secrets de ce grade de Rose-Croix, en 1765, Willermoz fonde, à Lyon, le « Chapitre des Chevaliers de l’Aigle Noir, Rose-Croix » ; c’est certainement le plus ancien Chapitre Rose-Croix d’existence officialisée.
Collectionnant toutes les dignités maçonniques possibles, adhérant à tous les Rites connus, écrivant et voyageant beaucoup, il était en rapport avec les plus hautes et les plus importantes personnalités maçonniques de tout le pays.
Il est admis aux premiers grades de l’Ordre des Élus Coëns à Versailles en 1767 sur la recommandation de Monsieur Bacon de la Chevalerie et du marquis de Lusignan. Il rencontre à cette occasion, Don Martines de Pasqually, et dès le mois de mai 1768, il est initié « Élu Coëns » au grade supérieur de Réau-Croix.
Après la mort de Martines de Pasqually en septembre 1774, il engage avec Louis Claude de Saint-Martin un examen complet de la doctrine des élus Coëns, sous la forme de Leçons, dites « Leçons de Lyon » qui se déroulent du 7 janvier 1774 au 23 octobre 1776. Il le précise dans une lettre de 1780 au Prince de Hesse qu’il est reçu au grade de Réau-Croix dans l’Ordre de Martines de Pasqually.
Pendant de longues années, il pratique « les opérations alchimiques » et travaille sur « le traité de la réintégration ».
Le 5 novembre 1772, il introduit en France le Rite de « la Stricte Observance Templière » fondé par le Baron de Hund, en 1755. Ce Rite est dirigé alors par Ferdinand, Duc de Brunswick. Il décide alors de rattacher la Province d’Auvergne qu’il dirige, à l’Ordre allemand. Le 21 juillet 1774, c’est chose faite. Le Baron Weiler, « charles de l’Epis Doré » préside à Lyon le Premier Chapitre Provincial d’Auvergne et Jean-Baptiste Willermoz devient « Baptista Eques Ab Eremo (Chevalier du Désert, avec la devise : Vox In deserto et les armes d’Azur à un ermite avec une lance sur l’épaule ».
Longtemps, il parait avoir pensé combiner la doctrine des « Élus Coëns » et celle de « la Stricte Observance Templière ». Mais ce projet n’eut pas de suite, sauf peut-être en ce qui concerne « la Grande Profession » (Sacerdotale).
Le 20 septembre 1774, Martines de Pasqually meurt à Saint-Domingue et le Baron Von Hund le suit le 8 novembre 1776.
Si l’on en croit les rituels qui, à l’origine sont identiques, le système de la Stricte Observance Templière a bien été à l’origine du Régime Ecossais Rectifié.
Le Régime de la Stricte Observance prétendait prolonger la Milice du temple ; ces prétentions se sont éteintes lors du convent dit « Des Gaules ».
C’est sous l’impulsion de Willermoz que se réunit le « Convent des Gaules », à Lyon, en décembre 1778. Ce convent reconnaît les grades de Profès et Grands Profès et constitue l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.).
Suite à des dissensions au sein de la S.O.T., Willermoz organise en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad auquel assisteront 33 délégués européens et qui voit la création du Rite Maçonnique Ecossais Rectifié.
La hiérarchie du Régime y est définitivement fixée et la rédaction des Rituels est confiée à Jean de Turkheim (Strasbourg). Ensuite, ces Rituels sont revus et corrigés par Charles de Hesse Cassel, Président de la commission, assisté de Jean-Baptiste Willermoz et de Giraud.
C’est le 21 juillet 1774 que le baron Von Weiler, Chevalier de l’Épi d’Or, préside le premier chapitre de la Province d’Auvergne composée de 20 chevaliers et de chevaliers Profès qui recevront quatre jours plus tard leur nom d’Ordre. C’est ainsi, nous dit Jean Saunier dans un remarquable article de feu Le Symbolisme, que J.-B. Willermoz devint l’eques » Baptista ab Eremo » avec la devise » Vox in deserto » et les armes : » d’Azur à un ermite avec une lance sur l’épaule « .
Longtemps, il parait avoir pensé combiner la doctrine des « Elus Coëns » et celle de « la Stricte Observance Templière ». Mais ce projet n’eut pas de suite, sauf peut-être en ce qui concerne « la Grande Profession » (Sacerdotale).
Le 20 septembre 1774, Martines dePasqually meurt à saint-domingue et le Baron Von Hund le suit le 8 novembre 1776.
Si l’on en croit les rituels qui, à l’origine sont identiques, le système de la Stricte Observance Templière a bien été à l’origine du Régime Ecossais Rectifié.
Le Régime de la Stricte Observance prétendait prolonger la Milice du temple ; ces prétentions se sont éteintes lors du convent dit « Des Gaules ».
C’est sous l’impulsion de Willermoz que se réunit le « Convent des Gaules », à Lyon, en décembre 1778. Ce convent reconnaît les grades de Profès et Grands Profès et constitue l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.).
Suite à des dissensions au sein de la S.O.T., Willermoz organise en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad auquel assisteront 33 délégués européens et qui voit la création du Rite Maçonnique Ecossais Rectifié.
La hiérarchie du Régime y est définitivement fixée et la rédaction des Rituels est confiée à Jean de Turkheim (Strasbourg). Ensuite, ces Rituels sont revus et corrigés par Charles de Hessecassel, Président de la commission, assisté de Jean-Baptiste Willermoz et de Giraud.
Le personnage de Jean-Baptiste Willermoz, travailleur acharné est d’autant plus intéressant que convergent en lui deux courants spirituels : celui du Martinisme de Louis-Claude de Saint-Martin et celui du Martinezisme de Don Pasqually.
Toute la pensée de Jean-Baptiste Willermoz assigne comme objectif suprême à la Franc-Maçonnerie : L’alchimie mystique.
Il le précise lorsqu’il déclare : « qu’un seul homme a connu et pratiqué complètement la vraie science maçonnique et cet homme n’est autre que Jésus-Christ » (Lettre à Waetcher du 31 janvier 1782).
La période révolutionnaire française a démontré l’équilibre civique de ce mystique qui prend, ‘en 1790) à certains moments, figure de possédé. Il y est présenté comme un clérical ultra mondain, il aida à la mise en place du clergé constitutionnel. Il apporta son actif concours aux autorités libérales, il s’insurgea avec courage contre la terreur et ses excès. Inquiété, puis recherché, il se cache dans l’Ain, dans une maison appartenant à son frère Pierre-Jacques, emportant avec lui ses importantes archives maçonniques.
Nommé conseiller général du département du Rhône par le Premier Consul le 1er juin 1800, il le reste pendant 15 ans. Il reprend ses activités maçonniques à l’occasion de la reprise des activités des C.B.C.S. en 1804, jusqu’à sa mort à l’âge de 94 ans, le 29 mai 1824 (70 ans de pratiques maçonniques)
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Sa devise était « L’Union fait la force ». Elle pourrait avoir influencé celle de la Belgique dont de nombreux Francs-Maçons figuraient parmi les Constituants de 1830.
En 1782, Willermoz écrit qu’il distingue trois sortes de maçons alchimistes:
• Ceux qui pensent que le but de la maçonnerie est la fabrication de la Pierre philosophale.
• Ceux qui recherchent la Panacée.
• Ceux qui recherchent la Science du Grand Œuvre, par lequel l’homme retrouverait la sagesse et les pratiques du christianisme primitif (courant dans lequel il s’inscrivait).
Figurant parmi les figures importantes du martinisme, même s’il a laissé peu d’écrits, on trouve dans un petit recueil intitulé Mes pensées et celles des autres, un texte magnifique dans lequel il souligne la complémentarité de l’étude intellectuelle et de la pratique spirituelle : « L’étude sans la prière, a dit autrefois un sage, est un véritable athéisme, et la prière sans l’étude une vaine présomption. C’est-à-dire que celui qui croit pouvoir acquérir une vraie lumière par l’étude et par la seule force de son application, pense et agit comme un athée et que celui qui présume que pour obtenir la connaissance de la vérité, il lui suffit de la demander dans ses prières, sans faire aucun effort pour la découvrir et sans méditer sur ses voies, n’est qu’un homme présomptueux, lâche ou indifférent pour elle. Le premier n’acquerra qu’une science vaine et dangereuse, l’autre restera dans l’ignorance.»
Jean-Baptiste Willermoz nous a laissé un témoignage de sa pratique spirituelle. En effet, dans le fonds Willermoz de la bibliothèque municipale de Lyon, se trouve un petit recueil couvert d’une étoffe ancienne, composé de 175 feuilles écrites de sa propre main. On peut y lire le texte des Prières des six heures des élus coëns, suivies des Prières particulières pour l’ordre des élus coëns, pour les trépassés, parents et amis, pour le roi et la prospérité du royaume. L’ouvrage se termine par la Prière qu’on doit faire quand on est couché et prêt à dormir. La référence faite par l’une de ces prières au jeune monarque Louis XVI permet de dater ce recueil des années 1774-1785. Ces textes ont été publiés en 1980-1981 dans la revue Renaissance Traditionnelle.
Que ce soit chez Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin ou Jean-Baptiste Willermoz, la prière occupe donc une place fondamentale. On peut même aller jusqu’à dire qu’elle constitue probablement le cœur de la voie martiniste. Lors d’une conversation, Robert Amadou disait d’ailleurs qu’il n’était pas impossible que la théurgie des élus coëns n’ait été qu’une étape préliminaire à une élévation plus haute que les émules de Martines cherchaient à obtenir au moyen de la prière.
Bibliographie
Œuvres de J.-B. Willermoz
• Les sommeils, édi. par E. Dermenghem, La Connaissance, 1926
• Les conférences des Elus Cohens de Lyon (1774-1776), aux sources du Régime Ecossais Rectifié, édi. par Antoine Faivre, Braine-le-Comte, Editions du Baucens, 1975.
• Actes du Convent de Wilhelmsbad, « Préavis » (29 juil. 1782), Les Cahiers Verts (Bulletin intérieur du Grand Prieuré des Gaules, 7 (1985), 8 (1896), 9 (1988).
• Les Leçons de Lyon aux Elus Coëns, un cours de martinisme au XVIII° siècle par Louis-Claude de Saint-Martin, Jean-Jacques Du Roy d’Hauterive, Jean-Baptiste Willermoz, édi. par Robert Amadou, Dervy, 1999.
• Jean-Baptiste Willermoz, Fondateur du Régime Écossais Rectifié, Textes choisis et présentés par Jean-Marc Vivenza, Editions Signatura, 2012.
Études sur J.-B. Willermoz
• Jean-Pierre Bayard, Symbolisme maçonnique traditionnel, vol. 2, EDIMAF, 1981 (ISBN 290-3846-19-7)
• Pierre Chevallier, Histoire de la franc-maçonnerie française, 3 volumes, Fayard, 1974.
• Jean-Marc Vivenza, Le Martinisme, l’enseignement secret des maîtres : Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz fondateur du Rite Ecossais Rectifié, Le Mercure Dauphinois, 2005.
• Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup, Bruno Thévenon, Dictionnaire historique de Lyon, Stéphane Bachès, 2009, Lyon, 1054 p., (ISBN 2-915266-65-8)
• Jean-Marc Vivenza, Les élus coëns et le Régime Écossais Rectifié : de l’influence de la doctrine de Martinès de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz, Le Mercure Dauphinois, 2010.
• Eric Kaija Guerrier, La Traversée de l’Intervalle (un livre-disque consacré aux aperçus fragmentaires de l’influence de la mystique rhénanique sur la franc-maçonnerie christique), Paris, Éditions Yves Meillier et Balandras Éditions, 2010.
• Dominique Sappia, « Présentation et étude de la Correspondance entre Jean-Baptiste Willermoz et Claude-François Achard & Nouveaux Documents concernant La Triple Union de Marseille. 1ère Partie : 1786-1801 » in: Renaissance Traditionnelle no 163-164, juin-septembre 2011, p. 201 à 230.
• Dominique Sappia, « Étude de la Correspondance entre Jean-Baptiste Willermoz et Claude-François Achard & Nouveaux Documents concernant La Triple Union de Marseille. 2ème Partie : 1801-1804 » in: Renaissance Traditionnelle (à paraître).
• Dominique Sappia, « Étude de la Correspondance entre Jean-Baptiste Willermoz et La Triple Union de Marseille. 3ème Partie : 1804-1805 » in: Renaissance Traditionnelle (à paraître).