En 1773, deux loges situées en territoire étranger faisaient partie de la Grande Loge de Genève : la Discrétion à Zurich, et Saint Jean du Levant (ou Orientale de Pera) à Constantinople.

 

Création

On a vu qu’en 1744 et 1745, une des plus anciennes loges de Francfort sur le Main, l’Union, était en rapport avec la loge La Concorde de Zürich, et que les relations reprirent entre les deux Orients en 1769, lorsque le Frère Hoeske écrivit à Francfort que les frères Zürichois souhaitaient recevoir une patente de l’Union, demande qui n’eut pas de suite.

Trois ans plus tard, l’Union reçut de Zürich une lettre datée du 1er avril 1772, dans laquelle une loge intitulée La Discrétion se décrivait comme « constituée depuis peu de mois par l’assistance de quelques frères de Genève & sous les loix de la Mère des loges de leur ville ».

Des documents portant sur les années 1772-1779, dont certains sont écrits en français, sont conservés aux archives de la loge Modestia cum Libertate à Zürich, dans un registre intitulé Missiven-Protokoll. Partiellement transcrit par Rudolf Spitzbarth dans le second chapitre d’un ouvrage collectif, paru en 1971, ils indiquent que la Discrétion avait été fondée à Zurich le 13 août 1771. La plus ancienne lettre conservée dans le Missiven-Protokoll, datée du « 15 février 5772 », est adressée au « frère Grosjean, notre Représentant auprès de la Mère Loge à Genève ». Elle commence par exprimer le vœu que la Discrétion soit considérée « pour duëment et légitimement constituée… en attendant que la ceremonie puisse se faire dès qu’il y aura assés de Maitres Voyageurs icy, et de nous donner un certificat soit Acte sur ce point ». La Discrétion demande également « que l’on prenne acte de sa soumission aux lois (de la Grande Loge de Genève), qu’en conséquence on lui adresse la liste des membres (de la Grand Loge de Genève) et qu’on y ajoute les représentants de (la loge de) Zurich. Elle demande enfin qu’on lui adresse trois ou quatre passeports, ajoutant que le frère Vernet serait en mesure de présenter (à la Grande Loge de Genève) les registres et les noms des membres de Zurich jusqu’en décembre 1771.

D’après Spitzbarth, les archives de Zürich contiennent en effet des loix, datées du 5 février 1772 à Genève, au bas desquelles se trouvent les signatures de huit Frères de Zürich, sans indication de la date à laquelle leurs signatures furent apposées. Citant des indications du Frère Kaiser écrivant en 1811, Spitzbarth mentionne que deux de ces huit dignitaires, Näguelin (1747-1789) et Gaspard Zeller (né en 1744), avaient été initiés à Genève en 1767, dans une loge intitulée Egalité.

Il indique également que d’après l’histoire de la loge Modestia cum Libertate, écrite par le Frère Johann Heinrich von Orelli, plusieurs Genevois, dont Vernet, étaient présents lors de la création de la Discrétion, le 13 août 1771, mais que tous avaient quitté Zurich en février 1772. Spitzbarth écrit enfin qu’une patente constitutive, datée du 20 avril 1772, signée par Vernet en qualité de Secrétaire de la Grande Loge Nationale (sic) de Genève, fut adressée aux Frères de Zurich, mais qu’ils ne la reçurent officiellement que le 17 juillet suivant.

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