Les Origines de la FM en Suisse – 1926

A partir de 1772 à Lyon, quel était le paysage maçonnique du moment ?
Arrêt sur image :
C’est le moment où LACORNE institue le Grand Orient pour unifier la Maçonnerie ordinaire et la délivrer des Loges irrégulières, écossaises, et de tous les « hauts-grades » qui voulaient l’envahir.

On peut considérer les grands groupes maçonniques suivants :

Primo
La maçonnerie ordinaire : loges de la « parfaite Amitié », des « vrais amis », du « parfait silence », etc. dépendants de la Grande Loge des maîtres réguliers. Il n’y avait là, selon Saint Martin, que « bagatelles » et, selon Joseph de Maistre, que « enfantillages ».

Secundo
La maçonnerie, appelons-la : écossaise ou templière, comprenant les loges non officielles et représentée par le Chapitre « de l’aigle noir », dont Pierre-Jacques Willermoz est le Maître. Ce chapitre descend du chapitre « de Clermont » de Bonneville (1752), initiateur du Baron de Hund. Selon certains, ce mouvement est de tendance révolutionnaire et le « grand chapitre général de France » qui unifiera, en 1782, cette maçonnerie dite templière, manœuvrant de façon occulte les loges ordinaires, ils préparent consciemment la révolution.
Selon d’autres, au contraire, le chapitre de Clermont Ramsay et l’écossisme sont des tendances catholiques et légitimistes, et les jésuites les dirigent dans l’ombre, non seulement pour restaurer les Stuart en Angleterre, mais pour consolider ou propager l’influence romaine en France et dans l’Angleterre protestante.
La vérité se situe sûrement entre ces deux thèses et de toute façon plus nuancée.
Les deux frères Willermoz appartenaient à chacun d’eux.

Tertio
Les « élus Cohen », martinistes (loge de la « bienfaisance »).

Quarto
SELLONS, Jean-Baptiste WILLERMOZ et Pierre-Jacques W. formaient à eux trois un « conseil secret » qui avait la haute main sur tous les centres de la région.
Quatre ans plus tard, en 1776, fut fondé à Lyon, toujours sous l’inspiration et la direction de Willermoz, le : « directoire Ecossais de la IIème Province d’Auvergne de l’ordre de la Stricte Observance Templière (issue de Hund en Allemagne), dont le Grand Maitre était le Duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg.

En 1778, lors du Convent de Lyon, se créé enfin la classe très secrète des « grands Profès », « CBCS ».
WILLERMOZ dit qu’elle est « le dernier grade en France du Régime Ecossais ». « Répandu en petit nombre, partout inconnu », son existence même est « soigneusement cachée depuis son origine à tous les chevaliers qui n’ont pas encore été reconnus dignes et capables d’y être admis avec fruit ».
Le collège métropolitain de France de ces grands Profès est à Lyon. En dépendent les collèges particuliers des préfectures de Turin, de Naples, de Chambéry, comme du Directoire Écossais de Lyon dépendent les loges de ces villes ou la « réforme écossaise » a été répandue au cours de cette année 1778 par l’Allemand SCHUBART.

Le Rite Ecossais Rectifié a été prospère après le Convent de Wilhemsbad en 1782.
Cependant, deux grands partis se disputaient l’Ordre.
Celui-ci allait-il pencher vers le mysticisme chrétien et scientifique des martinistes, ou vers le rationalisme matérialiste et politique de l’exemple des « illuminés de Bavière » de Weishaupt.
Willermoz représentait la première tendance, BORDE, l’ami de LESSING, la deuxième.

Ce furent les mystiques qui l’emportèrent, grâce à l’alliance des Martinistes français et des piétistes silésiens, grâce aussi à l’appui du Grand Maître le Duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg, après 31 séances de vives discussions.

La victoire n’était cependant pas complète car chacun se sépara avec ses préjugés.
Joseph de Maistre dit : « Les martinistes et les piétistes dont la doctrine est un mélange de platonisme, d’origènianisme et d’hermétisme sur une base chrétienne ».

Les partisans de BORDE, par une scission secrète, s’allièrent aux Illuminés Bavarois fondés en 1776 par Weisphaut qui fut arrêté en 1785 pour complot contre l’état.
Les mesures du gouvernement de Munich arrêtèrent alors la propagande des rationalistes dans la Stricte Observance, et le Rite Écossais vit croître sa prospérité jusqu’au moment de la révolution qui vint en France arrêter les travaux, fermer les loges et guillotiner les membres.

Le Duc d’Orléans était à la tête de la Révolution française. Il était également Franc-Maçon et certains historiens, notamment maçonniques n’hésitent pas à dire que le Duc s’est servi de la Franche maçonnerie pour la révolution. Ce qui ne l’empêcha pas de la trahir en donnant en 1793 sa démission retentissante.
Cela a eu pour effet la fermeture de la majorité des loges françaises qui se sont souvent converties en « club ».

En 1887 PAPUS et Stanislas de GUAITA reforme peu à peu l’Ordre Martiniste centralisé en suprême conseil ayant sous son obédience plusieurs loges en Europe.

Source :
Les origines de la FM en Suisse 1926 – J.-B. Willermoz – Les Sommeils Étude de Émile DERMENGHEM
LA CONNAISSANCE les documents ésotériques 9, galerie de la Madeleine paris XIII 1926

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